Sur la montagne, à skis: cela le justifie

Davo karničar: Down the mountain on his skis – it is just part of who he isDavo karničar: Down the mountain on his skis – it is just part of who he is

Davo Karničar, un des meilleurs skieurs extrêmes au monde. Le premier homme à parcourir l’Everest en ski, le premier à parcourir en ski les plus hauts sommets des sept continents. Et tout cela sur  les skis Elan…

J’ai pour la première fois skié avec les Elan il y a quatre décennies, j’ai vécu avec eux mes années de compétition. Ensuite, presqu’à la force du poignet et en poussant le leadership et les gens du service de développement, j’ai commencé l’histoire des skis de randonnée avec l’inscription Elan.

Ceci s’est passé il y a vingt ans et, depuis, toute l’histoire s’est déroulée. Dans le monde du sport extrême tel que le skialpinisme, un champion n’existe pas. Il n y a même pas une dénomination commune pour signifier faire du ski à l’endroit où tu es monté à pied il y a une heure. Il n y pas de frontières claires entre le ski-alpinisme, la randonnée, ou les styles dits “freeride”, “backcountry”..., tandis que l’adjectif “extrême” parait quelque peu contesté dans le sport.

Sur tout ce que Davo Karničar a fait sur ses skis pendant les deux dernières décennies, les résultats parlent. Déjà en tant qu’alpiniste éprouvé, il est descendu en ski de son premier huit-mille mètres, l’Annapurna au Népal. L’année suivante, le Chichapangma au Tibet a suivi. C’est en 2000 que Davo a suscité le plus d’attention en tant que premier homme à skier du sommet de l’Everest. C’était aussi le début d’une autre entreprise majeure : descendre en ski des sommets les plus élevés des sept continents, le Saint Graal ou le Grand Chelem des montagnes. Après le Kilimandjaro, le Mont Elbrus, l’Aconcagua, le Mont Kosciuszko et le Mont McKinley, il a conclu sa série en descendant en ski du Massif Vinson en Antarctique fin 2006. Entre outre, il a skié sur la pente nord de l’Eiger, des Matterhorn et du Mont Blanc et est redescendu sur le côté est.

Développement des skis pour Davo et pour le marché:  c’est un seul et même ski!?

“C’est justement grâce au succès du projet Everest qu’une étincelle s’est produite chez Elan dans le développement du ski de randonnée. Trois ans plus tard, nous avons lancé la première collection sur le marché “, dit Davo. Auparavant, le ski de randonnée était identifié comme une activité pour ceux qui n’ont pas assez d’argent pour utiliser les remontées mécaniques. Mais le marché a prouvé le contraire. C’est un des segments en forte croissance aujourd’hui. Davo, ce n’est pas seulement quelqu’un qui pousse pour la production de ce genre de skis, il est un acteur important dans le développement du produit. “Mon rôle est d’utiliser le ski dans des circonstances plus difficiles que celles du client final,” expliquet-il. Pour l’Everest, par exemple, le poids des skis a été adapté pour pouvoir les transporter au sommet le plus élevé du monde. Il a fallu chercher des matières assez légères, mais en même temps les skis devaient fonctionner aussi bien à des températures extrêmement basses que dans les conditions au-dessus de zéro.

Pour lui-même, il est important que les skis soient légers et d’un bon niveau de sécurité, tout en offrant du plaisir. Le résultat est un produit final de série de haute qualité et bien abouti. Croyez-le ou pas : pour ses projets, Davo utilise toujours des skis de série. Toute la protection VIP dont il a besoin: “J’ai le privilège de choisir la paire la plus rigide après avoir testé plusieurs skis de performance.” Les exigences et les préférences des clients finaux n’étant pas nécessairement les mêmes que celles de Davo, l’offre en skis de randonnée et assimilés est devenue d’autant plus riche.

“Nous jouons un peu avec la largeur et l’arceau latéral des skis. Malgré l’arceau latéral prononcé et les formes correspondant aux styles «free ride» et «libre-touring» à la mode, le bon ski de randonnée doit rester comme il est, suffisamment rigide en torsion, donc”, explique Davo en tant que co-développeur.

Les skis ‘free’ sont conçus pour un usage sur une surface plutôt douce, tandis que le skieur de randonnée peut toujours, même sur un circuit pas trop exigeant, rencontrer un terrain glacé et dur. Là, il doit garder un contrôle parfait. Le ski ne doit pas plier, comme il arrive souvent aux skis freeride.

“Personnellement, je désire une largeur de ski au pied entre 8 et 10 centimètres, avec un arceau latéral presqu’inexistant, mais d’une immense stabilité en torsion. Si nous sommes capables de produire cela en version légère, c’est un ski pour moi”: sa définition est parfaitement claire. Grâce à la largeur du ski, il ne touche pas la neige avec sa chaussure, même si la fixation est attachée directement sur le ski, le tout suivant les tendances contemporaines. Même pour un skieur de randonnée normale qui veut se promener sur la neige vierge, un tel ski est beaucoup plus approprié qu’un ski classique de randonnée de compétition dont la largeur de la patte ne mesure que 6 centimètres.

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Et la courbure du ski, le “rocker”  à la mode?  

“Lorsqu’on fait du ski sur un terrain escarpé et difficile, la courbure est redondante, car il serait difficile d’alléger la charge pour entrer dans le virage. Le décalage latéral serait également difficile “, dit Davo, à qui certainement personne ne peut donner de leçons au niveau de la technique de ski.

Qu’est-ce qui est encore intéressant dans le développement des équipements de ski de randonnée?

“Les fixations ont progressé énormément,”  dit Davo. “Leur poids s’est réduit sensiblement. En plus, grâce à la largeur des skis, elles peuvent être fixées directement sur le ski. Il faut faire confiance à cette fixation ultra légère. Il y en a qui préfèrent les fixations avec une forte sensation de solidité pour bien entendre qu’elles se ferment. Il est important de trouver un bon compromis entre la qualité et le poids. Pour ce qui est des chaussures également, beaucoup de progrès ont été notés. Le confort de marche y est recherché, mais aussi la sensation d’une vraie chaussure de ski.”

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La sensibilisation, c’est également un devoir des fabricants

En ce qui concerne les exigences physiques et le besoin de maîtrise des dangers des montagnes enneigées, faire du ski en station de ski, c’est un sport pour tout le monde. Mais le ski de randonnée?

Davo: “Des compétences classiques en ski alpin, en pistes de ski et des skis normaux sont les conditions préalables. Avant d’entrer dans le ski de randonnée, une maîtrise en ski d’un bon niveau est requise. Je ne vois par ailleurs aucune contrainte pour populariser le ski de randonnée.”

Le ski de randonnée est donc la valeur ajoutée du mouvement en ski? 

L’avis de Davo est le suivant: “Nous ne disposons pas d’assez de temps libre. En prenant un jour de congé, on se pose la question: Quel est le moment où l’influence positive sur ma santé, sur mon corps se prononce le plus? Quand est-ce que je fais le plus pour moi-même? En faisant du ski alpin, les charges sont plutôt de court terme. On devient conscient que ce n’est pas cela pour quoi on a travaillé toute la semaine. On veut faire plus pour soi-même. *Faire du ski de randonnée ou non dépend aussi de l’efficacité de la diffusion d’informations sur les dangers d’hiver dans les montagnes.

Un certain niveau de crainte existe sûrement. Même les constructeurs de ski peuvent faire plus. Il est essentiel qu’en plus de ses propres skis, le producteur offre aussi des accessoires indispensables, au moins encore l’équipement triple d’avalanche (pic, pelle et sonde). Ainsi le client a l’opportunité de se poser la question, pourquoi cet équipement est-il utile, il participe aux courses, et, en général, se prépare mieux pour les conditions dans les montagnes. Nous sommes obligés de leur communiquer plus d’informations.” Ce dernier point est aussi une mission de base du Centre montagnard de Jezersko, dans la création duquel Davo a investi ses dernières années et qui sera bientôt inauguré.